En sécurité privée, la première confusion porte presque toujours sur les catégories d’armes : catégorie B ou catégorie D ? Quand un responsable de site sensible envisage de faire appel à de la sécurité armée, la première confusion porte presque toujours sur les catégories d’armes. « Armé », dans le langage courant, ne veut rien dire de précis. Un agent équipé d’un aérosol lacrymogène et un agent porteur d’une arme de poing relèvent de deux cadres juridiques totalement différents, de deux niveaux d’autorisation différents, et de deux logiques de mission différentes. Choisir l’un ou l’autre n’est pas une question de préférence : c’est une question de proportionnalité au risque réel, encadrée strictement par le Code de la sécurité intérieure.
Voici ce qu’un donneur d’ordres doit comprendre avant de rédiger son cahier des charges.

Catégorie B ou catégorie D : deux régimes
La catégorie D regroupe notamment les armes de force intermédiaire : aérosols lacrymogènes de 100 ml max, bâton de protection télescopique, bâton de protection à poignée latérale (tonfa). Ce sont des moyens de défense non létaux, destinés à créer une distance ou à neutraliser temporairement une agression sans engager le pronostic vital.
La catégorie B regroupe les armes à feu (revolvers, pistolets semi-automatiques). On change ici de nature : l’arme est potentiellement létale, et son cadre d’emploi est réservé aux missions présentant un risque exceptionnel.
Cette distinction n’est pas cosmétique. Elle détermine la lourdeur de la procédure, le profil de l’agent, et surtout la nature de la menace que l’on cherche à couvrir.
Ce que dit le cadre légal
L’armement d’un agent n’est jamais un droit acquis : c’est une autorisation, délivrée pour une mission précise, sur un site précis, pour une durée déterminée.
Quelques principes structurants qu’il faut connaître :
L’autorisation est demandée par l’entreprise employeuse, jamais par l’agent à titre individuel ni par le client. C’est l’entreprise de sécurité qui porte la responsabilité juridique de l’armement.
Pour la surveillance armée sur sites exposés à un risque exceptionnel, l’autorisation préfectorale est adossée à une analyse du niveau de menace : on n’arme pas un site « pour rassurer », on l’arme parce qu’une menace caractérisée le justifie.
Des obligations opérationnelles s’imposent pendant la mission : port apparent de l’armement, équipement de protection réglementaire, remise et reprise de l’armement sous la responsabilité de l’employeur, conditions strictes de conservation hors mission, information du public, etc.
L’agent lui-même doit satisfaire à une aptitude professionnelle spécifique, distincte de la carte professionnelle classique, avec des entraînements réguliers obligatoires.
Autrement dit : la sécurité armée sérieuse est un dispositif lourd, tracé, contrôlable à tout moment par le CNAPS. C’est précisément ce qui fait sa valeur.
Alors, catégorie B ou catégorie D pour votre site ?
La bonne question n’est pas « quelle arme ? » mais « quelle menace ? ». Le choix découle de l’analyse de risque, pas l’inverse.
La catégorie D est adaptée lorsque le risque principal est l’intrusion, la dégradation, l’agression physique non armée, ou la nécessité de tenir un point de contrôle avec une capacité de réponse graduée. C’est un niveau de dissuasion et de réponse intermédiaire, proportionné à la majorité des sites industriels et tertiaires exposés. Cela correspond aussi à la plupart des missions évènementielles.
La catégorie B relève de situations où la menace elle-même est potentiellement armée ou d’une gravité exceptionnelle : sites hautement sensibles, contextes de menace caractérisée. C’est un régime d’exception, et il doit le rester, y recourir sans justification réelle, c’est s’exposer à un refus préfectoral et créer un risque juridique inutile.
Un principe guide toute notre approche : un agent armé compétent est un agent qui fait tout pour ne jamais avoir à utiliser son arme. L’armement n’est pas une posture, c’est un dernier recours dont la seule présence, correctement encadrée, suffit presque toujours à désamorcer.
Comment un donneur d’ordres sécurise son choix
Trois réflexes évitent les erreurs les plus coûteuses :
Faire précéder toute décision d’armement d’une analyse de risque documentée. C’est elle qui justifiera la demande d’autorisation et qui protégera votre responsabilité en cas de contrôle.
Vérifier que le prestataire dispose bien de l’autorisation CNAPS correspondant à l’activité de surveillance armée, et pas seulement d’une autorisation de surveillance classique. Les deux ne se valent pas.
Exiger la traçabilité : registre d’armement, aptitudes des agents à jour, protocole de remise/reprise. Un prestataire sérieux vous les présente spontanément.
En cas de doute sur le niveau d’armement pertinent pour votre site, un audit de sûreté préalable tranche la question sur des bases objectives plutôt que sur une impression.
Vous vous interrogez sur le dispositif adapté à votre site ? ARKOS DÉFENSE, société de sécurité privée armée agréée par le CNAPS en présente en France et plus particulièrement en Auvergne-Rhône-Alpes, réalise une première évaluation de votre besoin. Contactez-nous pour en discuter.
Quelle est la différence entre la catégorie B et la catégorie D pour un agent de sécurité ?
La catégorie D regroupe les armes de force intermédiaire non létales (aérosols lacrymogènes, matraques, bâtons de défense), destinées à créer une distance ou neutraliser temporairement une agression. La catégorie B regroupe les armes de poing à feu, potentiellement létales, réservées aux missions présentant un risque exceptionnel. Le choix dépend du niveau de menace réel, pas d’une préférence.
Un agent de sécurité peut-il porter une arme sans autorisation ?
Non. Le port d’arme n’est jamais un droit acquis : c’est une autorisation délivrée pour une mission précise, sur un site précis, pour une durée déterminée. Elle est demandée par l’entreprise de sécurité employeuse, jamais par l’agent à titre individuel, et encadrée par le Code de la sécurité intérieure (articles R613-23-1 et suivants).
Quel niveau d’armement choisir pour mon site ?
Le choix découle d’une analyse de risque, pas d’une impression. La catégorie D convient à la majorité des sites exposés (intrusion, dégradation, agression non armée). La catégorie B relève de situations où la menace elle-même est potentiellement armée ou d’une gravité exceptionnelle. Un audit de sûreté préalable permet de trancher sur des bases objectives.
Comment vérifier qu’un prestataire de sécurité armée est bien autorisé ?
Vérifiez que le prestataire dispose de l’autorisation CNAPS correspondant spécifiquement à l’activité de surveillance armée, et pas seulement d’une autorisation de surveillance classique. Il doit aussi bénéficier d’un arrêté préfectoral qui lui permet d’exercer cette mission précisément. Exigez également la traçabilité : registre d’armement, aptitudes des agents à jour, protocole de remise et reprise de l’armement.
